Historique

Historique de l’église de Calhavet

Établi par Stéphane Thouin, architecte du patrimoine. Extraits de l’étude diagnostic.

La chapelle est constituée d’une nef unique et d’un choeur plus étroit fermé par une abside en cul de four. Elle se trouve dans un site isolé, sur le versant boisé du vallon de Comberatière. Une sacristie tardive s’adosse au Nord du chœur. Elle était surmontée par une salle haute (logement du desservant ?) qui était accessible par un escalier extérieur. Seuls le chœur et la sacristie était voûtés en pierre. La nef avait reçu une voûte lambrissée. L’édifice est de fondation romane, comme l’indiquent les assises inférieures du chevet circulaire. Il figure dans la reconnaissance que fit en 1254 Guillaume, évêque d’Agen (et futur Patriarche de Jérusalem), en faveur de l’abbaye de Saint Maurin. La nef est sans doute reconstruite à la fin de la période gothique. Le portail Sud, d’inspiration gothique, est de facture plus récente. Un clocher-mur s’élevait au droit du pignon Ouest. En 1572, le Prieur Etienne de Lage, religieux de l’ordre de Saint Benoit du diocèse de Limoges, affirme que l’église a été « entièrement brisée » par les protestants. L’édifice est partiellement restauré au XVIIème siècle : en 1668, la voûte du chœur est réparée et la nef en partie lambrissée. Un porche couvert a été bâti au sud à une époque indéterminée. Après l’abandon du hameau qui l’entourait, la chapelle est désaffectée et se dégrade progressivement.

Je suis l’église St Georges de Calhavet, en ruine !

Appellez-moi Calhavet ou Caillabet, ce qui signifie en occitan un terrain caillouteux.

C’est en 1234 que l’on trouve les premières traces de mon acte de naissance, grâce à Guillaume, évêque d’Agen, qui me confie aux moines de l’abbaye Bénédictine de St Maurin et qu’il y avait ici 120 communiants à la messe !
Ce qui me donne aujourd’hui un âge tout à fait respectable de 783 ans, certains disent même 900 ans !

J’ai été, martyrisée, pillée, méprisée à toutes les époques. J’ai connu la folie du fanatisme avec la croisade contre les Cathares. « Tuez-les tous dieu reconnaîtra les siens ! »

En 1572 tout a été brisé par la nouvelle religion !

Mgr Joly rapportait en 1668 que j’étais longue de 20 pas et large de 10 pas (ancienne mesure romaine, le pas simple 75 cm) et qu’il y avait ici 120 communiants à la messe !

Oubliée vers 1914, le curé ne venait me voir que pour les rogations, puis je fus désacralisée.
À partir de 1945, abandonnée, par dieu et les hommes, je fus confiée au triste sort des assauts du temps.

Vers 1960 la toiture tomba et la cloche fût transportée à l’église de Frespech.
Ils arrachèrent mon bénitier, et mes larmes n’ont pu rien faire face à l’indifférence des uns et aux pilleurs de tombes et de pierres des autres !

Aujourd’hui, j’appartiens toujours à la commune de Frespech.

Mais en 2016, grâce à des volontaires bénévoles une association de sauvegarde du patrimoine s’est créée : «Lo Reviscòl » qui signifie en Occitan, le renouveau, afin de me sauver.
Une convention a été signée en Mai 2017 avec la Mairie et c’est l’association « Lo Reviscòl » qui prend en charge la totalité du site de Caillabet afin d’en assurer la sauvegarde pour les générations suivantes.

J’espère qu’ils prendront soins de moi, vu mon grand âge !

Un diagnostic de sauvegarde vient d’être réalisé, conformément aux demandes des Architectes des bâtiments de France, afin de déterminer l’urgence des premiers secours face aux multiples hémorragies dont je souffre, et de chiffrer chaque étape de ma sauvegarde.